août 31, 2008 2 Commentaires
S'il y a bien un débat cycliste qui ne s'apaise jamais, c'est celui des boyaux contre les pneus à tringle. Moins préoccupant pour les vététistes, il s'invite néanmoins dans les discussions sur le VTT. Thomas Frischknecht, la légende suisse du cross-country, a terrorisé ses pairs avec des boyaux de 26 pouces vers la fin de sa brillante carrière.
Pour les néophytes, les boyaux sont les premiers pneus pneumatiques, un modèle qui a prévalu jusqu'au XXe siècle. Sur les boyaux (aussi appelés pneus cousus), la chambre à air est cousue à l'intérieur de la carcasse, l'ensemble étant collé sur la jante. Plus simples que les pneus démontables, aussi appelés pneus à tringle, ils sont encore utilisés aujourd'hui.
En tant qu'étudiant de la roue, mon approche est systémique, et non centrée sur un élément isolé. On ne saurait examiner un boyau sans tenir compte de la jante correspondante. Jante-pneu : voilà le système. On a perdu un temps précieux à débattre des avantages et inconvénients respectifs des boyaux et des pneus à chambre à air, sans jamais aborder la question des jantes nécessaires à leur montage.
Les jantes tubulaires sont plus légères
Pour commencer, n'oublions jamais qu'une jante tubulaire permet d'économiser environ 100 g par rapport à un pneu à chambre à air équivalent. C'est un choix judicieux. Si vous êtes prêt à renoncer à la praticité des pneus démontables (sans colle) avec chambres à air facilement remplaçables, vous pouvez considérablement alléger la jante. Le poids de la jante, éloigné du centre de rotation, compte environ deux fois plus que le poids des parties non rotatives. Ainsi, pour les boyaux, 100 g x 2 roues x 2 = 400 g de gain apparent par rapport aux pneus à chambre à air. Près de 500 grammes.
Le poids de la roue est détectable
Deuxièmement, il est essentiel de reconnaître l'influence disproportionnée de certains éléments d'un vélo sur le cycliste. Le nom d'une grande marque sur un cadre devient un symbole d'identité, une appartenance à un club qui peut susciter un nationalisme exacerbé, voire un culte de la personnalité. Une selle inconfortable anéantit tout plaisir à vélo. Rares sont ceux qui peuvent supporter une douleur à l'entrejambe pour un peu d'air frais. De même, les roues ont un impact considérable sur les sensations à vélo. Des roues légères donnent une impression d'urgence, de potentiel. Elles suggèrent endurance et vitesse. Autant dire que ces 400 grammes de gain apparent ont un impact d'autant plus significatif sur le confort de conduite.
La plupart des arguments comparant les boyaux et les pneus à chambre à air portent sur le frottement au roulement, la tenue de route en virage, la résistance aux crevaisons et le confort. Or, le véritable débat devrait porter sur la sensation de vivacité que procurent les boyaux. La possibilité de mesurer cette vivacité dépend de plusieurs facteurs : la route, le cycliste, le pneu, la chambre à air, la vitesse, etc. Mais l’impression est bien présente.
Les jantes en fibre de carbone nécessitent des boyaux
Un troisième point mérite d'être mentionné : la technologie des composites. Les structures en fibre de carbone révolutionnent le sport, des planches aux raquettes en passant par les pièces de vélo. Leurs points faibles ? Un manque de dureté et un outillage coûteux. Fabriquer une jante à pneu en composite, plus légère et plus résistante que les jantes métalliques, reste un défi. À ce jour, aucune jante ne répond à ces critères. Pourtant, les jantes en carbone conçues pour les boyaux, plus simples à fabriquer, figurent parmi les plus légères et les plus aérodynamiques. L'apparition même des jantes composites a donné un second souffle aux boyaux. Loin de tomber dans l'oubli, ils sont utilisés par des milliers de personnes, car les jantes en fibre de carbone nécessitent ce type de boyaux pour offrir les gains de poids et d'aérodynamisme qu'ils procurent. Il est donc essentiel de comprendre la popularité actuelle des boyaux.
Les petits fabricants offrent plus de personnalisation.
Mon quatrième sujet est d'ordre économique, mais pas celui auquel vous vous attendez : les boyaux coûtent plus cher, mais sont-ils justifiés ? La question mérite d'être posée, mais il est clair que les fabricants de boyaux sont plus petits et que leurs clients sont davantage axés sur la performance. Les séries de production sont plus courtes et quelques fabricants spécialisés peuvent créer des produits que les grandes entreprises de pneumatiques ne conçoivent pas. La tradition d'André Dugast en est un excellent exemple. Voir mon précédent article à ce sujet. Aujourd'hui, sous une nouvelle direction, cette tradition perdure. Pour un aperçu fascinant du monde de la spécialisation des pneumatiques, écoutez l' interview de Richard Nieuwhuis, actuel propriétaire de Dugast, dans le magazine belge Cyclosprint . Les caractéristiques de conception exceptionnelles et très spécifiques appliquées à chaque boyau Dugast ne se retrouvent jamais sur un système à tringle équivalent, pour des raisons purement économiques. Les tringles sont produites en bien plus grande quantité et ce domaine de la personnalisation est en quelque sorte réservé aux boyaux fabriqués à la main.
Ainsi, pour au moins quatre raisons distinctes, il est déconseillé de comparer directement les boyaux aux pneus à chambre à air. La science nous apprend que la différence de performance peut être quasi nulle. Pourtant, de nombreux cyclistes expérimentés continuent de témoigner que les boyaux offrent des sensations de conduite tellement différentes et souvent tellement supérieures à celles des pneus à chambre à air qu'ils restent préférés, malgré leur inconvénient. Heureusement, si vous souhaitez opter pour des boyaux, vous trouverez facilement votre bonheur. Challenge, Veloflex, Vittoria, Continental et Tufo figurent parmi les marques proposant des produits et des rapports qualité-prix exceptionnels. Comparés aux prix que je payais pour des boyaux dans ma jeunesse (dans les années 1970, par exemple), ceux d'aujourd'hui sont une véritable aubaine. Par exemple, vous pouvez acheter d'excellents pneus économiques pour moins de 30 $ (prix américain) comme le Vittoria Race : 30 $ pour une carcasse de 220 tpi avec une ceinture anti-crevaison en Kevlar™ et un poids total d'environ 350 g. Difficile de trouver une telle combinaison avec un pneu à chambre à air. Bien sûr, les meilleurs pneus coûtent environ 100 $ US, mais soyez assuré que ce prix n'est pas lié à la marque, contrairement aux produits Armani ou Gucci où la rareté de l'offre crée la demande et le prestige. Les pneus tubulaires sont fabriqués artisanalement avec un savoir-faire exceptionnel, mais leur prix est avant tout justifié par leur fonctionnalité.
Retour au bois
Mon avis est simple : le bois est un matériau fabuleux pour les jantes, mais, comme pour les composites, il n’existe pas de jante à pneu en bois véritablement légère et performante. C’est le monde des boyaux, et l’alliance de tradition, de confort, de rapport qualité-prix et d’esthétique est inégalée dans le monde du vélo. Le regain de popularité actuel des boyaux, alimenté par l’engouement pour les jantes composites, arrive à point nommé pour ceux d’entre nous qui raffolent des jantes en bois.
novembre 02, 2021
Wonderful journey and experience!
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chris9911
novembre 02, 2021
just what I was looking for. Thanks for all the little details on tubular tires.