janvier 02, 2008 1 Commentaire
La position de conduite basse a atteint son paroxysme au début des années 80 avec l'avènement de nouvelles approches aérodynamiques. Même les cyclistes de loisir n'avaient d'autre choix que d'adopter cette posture inconfortable, certes, mais efficace. Récemment, une attention accrue a été portée aux besoins de certains segments de clientèle négligés (femmes, cyclistes seniors, etc.) et des alternatives ont fait leur apparition sur le marché. Face à la pénurie de clients prêts à suivre aveuglément la mode, on constate que les femmes sont plus nombreuses que les hommes et que les cyclistes plus âgés achètent davantage de motos que les jeunes.
Une réaction excessive est typique du comportement grégaire, et de nombreuses positions très droites sont désormais disponibles sur les motos de haute performance. Du point de vue de la compétition, cette tendance semble avoir pris un tournant décisif. Les concurrents ne s'adaptent pas au rythme du marché.
C’est donc le bon moment pour examiner les coûts et les avantages de l’angle de dos :
(1) La posture la plus naturelle est la position debout. Un siège de bureau ergonomique ou la position debout permettent de l'adopter. Tout autre comportement doit être justifié.
(2) Pour pédaler en rond, une posture droite favorise les quadriceps et désavantage les fessiers et les ischio-jambiers. Cela convient pour les efforts de faible intensité et de longue durée, car les quadriceps sont les muscles les plus volumineux et bénéficient d'une meilleure circulation sanguine. Cependant, lors d'efforts intenses, plus le nombre de groupes musculaires sollicités est élevé, plus la puissance est importante. Se pencher en avant permet aux fessiers et aux ischio-jambiers de contribuer, ce qui procure une sensation de force accrue. Ainsi, se pencher en avant permet de développer une puissance plus importante lors des efforts brefs et intenses.
(3) Une position de conduite droite reporte davantage de poids sur la roue arrière, à moins d'allonger l'empattement, ce qui rend la moto longue, lente et peu maniable. Un empattement minimal est préférable. Pour une bonne tenue de route, les véhicules à deux roues nécessitent une répartition du poids relativement équilibrée. En position assise droite (90°, mesuré des hanches aux épaules, sans tenir compte de la courbure du dos), la répartition est d'environ 30/70 (avant/arrière). Penchez-vous en avant à une position confortable de 45°, et elle est de 40/60. Penchez-vous davantage en avant, à une position plus sportive de 30°, et vous approcherez les 47/53, considérés par certains comme le ratio idéal. Dans cette configuration, les louvoiements à haute vitesse sont limités et la roue avant résiste bien au dérapage dans les virages. Cependant, le poids sur l'avant n'est pas suffisamment important pour limiter la décélération (et le soulèvement de la roue arrière). Vous pouvez facilement déterminer votre répartition du poids en plaçant une balance sous votre roue avant, la roue arrière étant à la même hauteur. Divisez ce poids par le poids total du véhicule pour obtenir le pourcentage de poids sur l'avant. Jouez avec l'angle d'inclinaison du dossier et observez les variations de ce pourcentage.
(4) Se pencher en avant réduit la surface frontale, ce qui rend le refroidissement plus difficile mais diminue la résistance au vent, un facteur important aux vitesses élevées de la compétition.
(5) La plupart des adultes en bonne santé rapportent peu de douleurs chroniques avec des angles d'inclinaison de 35° à 45°. Ainsi, une posture offrant un bon équilibre de bienfaits est accessible à la plupart. Ceci explique en partie la popularité du cyclisme de loisir sur vélo de course.
J'ai considérablement relevé ma potence ces dix dernières années pour compenser mes douleurs lombaires. J'ai eu plusieurs hernies discales suite à des accidents. Actuellement, la partie supérieure de mon guidon se situe seulement 2 à 3 cm sous la selle. Sans ces blessures, cette différence serait de 5 à 8 cm.
Les potences hautes conviennent aux personnes comme moi et, par commodité, aux néophytes plus habitués au bureau qu'au cyclisme de compétition. Malheureusement, trop de vélos spécifiquement conçus pour les femmes proposent ces positions redressées. Or, les femmes sont généralement plus à l'aise que les hommes avec des positions basses, même lorsqu'elles débutent. Cette tendance est allée beaucoup trop loin.
Du point de vue scientifique, les lois de la physique restent inchangées. Une posture inclinée à environ 30° était la norme en compétition pendant les cent premières années ; il suffit de regarder Coppi ou Anquetil. La prise en compte de l'aérodynamisme nous a conduits à sacrifier un peu de confort et de santé musculaire au profit d'une moindre résistance au vent. Cependant, les vitesses auxquelles ces postures sont réellement performantes sont supérieures à celles de la plupart des entraînements, séances d'endurance ou triathlons. Ainsi, les sportifs amateurs adoptant cette position suivent en réalité la mode et le marketing.
Une position plus basse a un léger impact sur la maniabilité, tout comme une hauteur de boîtier de pédalier plus basse, en abaissant le centre de gravité. Un cycliste peut percevoir ce compromis, mais en fin de compte, les courses ne se gagnent pas grâce à la maniabilité, et les bons cyclistes peuvent surpasser n'importe quel autre, même avec le vélo le moins maniable. La maniabilité, pour la plupart des vélos de route, n'est pas le facteur de performance (comme dans le monde automobile) que l'on imagine souvent. C'est davantage une question de préférence, comme le choix des matières et la coupe d'un vêtement.
Parmi les mécaniciens des équipes professionnelles, le consensus est que cette tendance à la position droite est allée trop loin, en particulier avec les vélos dont les tubes de direction très hauts empêchent les positions basses.
Chaque cycliste doit savoir que l'angle de son dos est un choix. En l'absence de problème orthopédique, cet angle correspond à un objectif de pratique. Pour les cyclistes de loisir, 60° peut être idéal. Pour un entraînement sportif, 45° suffisent généralement. Un cycliste compétiteur privilégiera probablement 30°. Et un compétiteur de haut niveau visera un angle d'environ 10°. Dans l'idéal, le réglage du vélo commence par cet angle. Ensuite, le vélo est conçu en fonction de cette posture, avec des proportions adaptées pour soutenir les points de contact et offrir une maniabilité optimale.
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J. Montemayor
novembre 02, 2021
I enjoyed this article. Riding through the last 5 decades, my position is as much a function of mood as purpose. And, yes there is the marketing, and fashion trend. Thanks for your insight.